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Le plancher des vaches a déménagé

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Mardi 18 septembre 2007
Comment investir dans la microfinance quand on est un particulier ? Comment aider un entrepreneur en Colombie ou au Niger à monter sa petite entreprise ? Depuis 2005, ceci est rendu possible grâce à Kiva.org, un site Internet qui révolutionne l'accès au microcrédit  en permettant de mettre en relation des préteurs et des empreunteurs à travers le monde.

Kiva , qu'est-ce que c'est ? 

Le principe est relativement simple, encore fallait-il y penser. Localement, dans des pays en voie de développement, des instituts de microfinance (IMF) recensent des projets viables d'emprunteurs (achat d'outils pour monter un atelier, investissement pour fonder un commerce, acheter une moto pour acheminer du matériel...). Ensuite, toutes ces informations sont mises en ligne, sur le site Kiva.org, en indiquant le montant du prêt, le nom de l'emprunteur et une description rapide du projet.
Kiva.org a ainsi un partenariat avec un grand nombre d'IMF pour diversifier l'offre.

De l'autre côté, peut-être à l'autre bout de la planète, les personnes désireuses de soutenir le microcrédit,  prennent connaissance des projets en cours et choisissent celui pour lequel elles souhaitent investir. Un projet peut être soutenu par un ou plusieurs préteurs,  selon le montant déposé par les préteurs.

L'argent est prêté à taux zéro aux micro-entrepreneurs.

Concernant le règlement, on utilise Paypal, le système de payement en ligne avec une carte de crédit.
L'argent est remboursé en six à douze mois. A ce jour, aucun emprunteur n'a pour l'instant failli à son remboursement.

La majorité des préteurs ré-investissent leur argent, une fois remboursé et souvent, même participent à plusieurs projets en même temps.

Du coup, on a essayé
!!!

Dans la liste des projets proposés nous avons choisi une personne à aider. Difficile de choisir alors que tout le monde a besoin d'être aidé. Nous venons de prêter 50$ (environ 40€) à Ejiose Aimiyekeagbon
, une dame  habitant au Nigéria, souhaitant développer son activité de vente d'écrevisses. Voici sa photo :

Elle avait besoin de 400$ et grace aux différentes personnes qui ont prêtés de l'argent à travers toute la planète, elle vient d'obtenir l'intégralité du montant de son prêt pour réaliser son projet.



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par Zig & Puce
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Mardi 24 juillet 2007
Je viens juste de finir un livre sur la microfinance (Voyage au coeur d'une révolution : La microfinance contre la pauvreté) où un chapitre aborde les différentes dimensions de la pauvreté. La majorité des chiffres peuvent être retrouvés (après un peu d'exploration) sur le site du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Voici donc ces quelques chiffres.

  • 1.1 milliard d'êtres humains vivent avec moins de 1$ par jour (c'est le seuil de pauvreté extrême).
  • près de 3 milliards vivent avec moins de 2$ par jour

A
u delà de ces chiffres, qui peuvent toujours être discutés (encore que), voici d'autres chiffres sur la pauvreté :


  • 20% de la population détient 90% des richesses mondiales ;
  • 1 enfant sur 5 n'a pas accès à l'éducation primaire ;
  • 80% des réfugiés sont des femmes et des enfants ;
  • 448 millions d'enfants souffrent d'insuffisance pondérale ;
  • 876 millions d'adultes sont analphabètes (les deux tiers sont des femmes) ;
  • 30000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de maladies qui auraient pu être évitées ;
  • Dans les pays en développement (PED), plus d'un enfant sur 10 n'atteindra pas l'âge de 5 ans ;
  • Plus de 500000 femmes meurent chaque année de leur grossesse ou en couche
  • Aujourd'hui, 42 millions de personnes vivent avec le virus du sida dont 39 millions dans les PED ;
  • Le VIH/SIDA est la principale cause de décès en Afrique subsaharienne ;
  • A l'horizon 2020, certains pays africains pourraient perdre plus d'un quart de leur population active à cause du sida ;
  • Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau salubre ;
  • En Afrique subsaharienne, près de la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable ;
  • 2,4 milliards de personnes sont privés d'installations sanitaires satisfaisantes ;
  • En Afrique subsaharienne, une personne sur trois souffre de faim chronique ;
L'ouvrage précise que l'aide publique au développement devrait doubler pour espérer faire reculer la pauvreté d'ici 2015. On estime ainsi qu'il faudrait un investissement supplémentaire de 50 milliards par an. Vous aller me dire que c'est un investissement colossal, non ?

En 1970, les pays occidentaux, sous l'égide l'ONU s'étaient engagés à investir 0.7% de leur PIB dans l'aide publique au développement (APD). Cet objectif ne devrait être atteint qu'en 2015, de quoi faire encore des millions de victimes.

J
uste à titre de comparaison, le budget militaire mondial en 2005 était estimé à 1118 milliards de dollars dont 48% pour les Etats-Unis à eux seuls (chiffres trouvés sur le site du SIPRI)
. Que représente ces quelques 50 milliards supplémentaires en comparaison ? On préfère investir 1118 milliards de dollars pour financer la guerre que 50 milliards pour financer la paix. Par contre les transferts d'argent du Nord vers le Sud, qui correspondent à l'argent qu'envoient les immigrés dans leur pays d'origine, représentent 197 milliards d'euros soit environ trois fois l'aide publique au développement à l'échelle mondiale.

Si ces chiffres ne signifient pas grand chose, peut être que les 15 milliards d'euros par an (un peu moins de 20 milliards de dollars) que va coûter le "paquet fiscal" pour que les riches soient moins pauvres (242000 personnes concernées sur 60 millions d'habitants) sont plus parlant ? Voilà ce qu'est la lutte contre la pauvreté en France. 


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par Zig & Puce
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Lundi 5 mars 2007


Le PEZ (Plan Epargne Zebu ou Zolidarité), c'est comme un PEA à la différence que vous investissez dans un zébu, un mouton, un cochon, un dromadaire...

Les origines du PEZ

En 1996, Stéphane Geay, pilote d'Air France crée la ZOB (Zebu Overseas Board), un organisme de droit malgache qui propose aux étrangers d'investir environ 300 euros dans un zébu à Madagascar. C'est en interrogeant les paysans qui l'aident à déplacer ses avions sur le tarmac d'Antananarivo, la capitale, que l'idée lui vient de fonder ZOB. « On a besoin de zébus pour tirer la charrue, de "zébutes" pour le lait et les petits », lui disent-ils. Sur la Grande Ile, le zébu est plus qu'un animal domestique, c'est aussi le symbole d'un statut social. « Avec un zébu, on va pouvoir trouver un mari », confient deux soeurs en signant un contrat pour bénéficier d'une bête.

Aujourd'hui, 2 200 personnes, dont Jacques Chirac et Dominique Strauss-Kahn, sont propriétaires d'un zébu malgache.

Le principe du PEZ

Vous achetez un animal qui est mis à la disposition (en location-vente) d'une famille pour l'aider à cultiver la terre, donner du lait, des petits et lui permettre de vivre décemment.

Le paysan, au terme de deux ou trois années de remboursements mensuels, deviendra à son tour le propriétaire de l’animal. Votre capital sera alors réinvesti dans d’autres projets de développement agricole, sauf si vous souhaitez un remboursement (avec intérêts). Votre capital et vos intérêts seront disponibles pour remboursement après deux années, avec une limite de cinq ans à partir de la date de votre investissement.

Pour l'investisseur, le PEZ permet (extrait du site de la ZOB):


- de connaître les bénéficiaires directs de votre investissement ;
- de bénéficier d'un intérêt de 7 % annuel ;
- de recevoir un certificat de propriété ;
- de vous donner envie de visiter Madagascar ;

En contrepartie, c
ela permet aux plus pauvres d'accéder à la propriété d'un zébu et d'environ 3 veaux en sept années, plus le lait, dans le cas d'une femelle...

Combien ca coûte ?

Le montant du PEZ varie selon l'animal. Voici quelques exemples pris du site de la ZOB :
- PEZ Zébu     = 300€
- PEZ Cochon  = 100€
- PEZ Métisse = 600€
- PEZ Vache    = 1200€


Quelques sites :

- La ZOB : Zebu Overseas Board
- Zebunet

par Zig & Puce
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Samedi 13 janvier 2007

La microfinance, on en a beaucoup entendu parler ces derniers temps, parce qu'un homme, le précurseur dans le domaine, à reçu le prix Nobel de la paix 2006. En effet, Muhammad Yunus a été récompensé pour ses trente années de combat en accordant des microcrédits à des femmes du Bangladesh via la Grameen Bank, pour les aider à mieux vivre.

Je me suis un peu intéressé au sujet et voici ce que j'en ai retenu.

C'est quoi la microfinance ?

Si je devais définir la microfinance en quelques phrases, je dirais que c'est l'application de mécanismes financiers « classiques » appliqués à des gens pour les aider à échapper à la pauvreté.

Quand je dis "mécanismes financiers classiques", je précise qu'il s'agit du crédit, de l'assurance, de l'épargne mais également du transfert d'argent. La différence essentielle réside dans les montants accordés aux clients. On estime ainsi que le montant moyen des crédits est compris entre 50 et 100$. La durée des prêts est également très courte (généralement inférieure à 1 an).

Pourquoi la microfinance ? Pour qui ?

La microfinance et le microcrédit en particulier sont nés d'une volonté d'aider les gens à créer ou développer leur entreprise (des micro-entreprises : petits commerces, artisanat...) en se substituant aux usuriers locaux abusant de la situation.

La microfinance permet d'accorder des prêts à ceux qui sont exclus du système financier. On estime que ces gens représentent 80% de la population mondiale.
Aujourd'hui, la microfinance, c'est 92 millions de clients dont 81 millions en Asie, 7 en Afrique Sub-Saharienne, 3.8 millions en Amérique Latine et 0.2 millions en Afrique du Nord. (source : Guide de la microfinance, S. Boyé, J.Hajdenberg, C. Poursat, Edition d'Organisations).

Ce que j'apprécie dans le concept, c'est que la microfinance tord le cou au préjugé selon lequel les pauvres ne sont pas capables de rembourser un prêt et qu'ils ne sont pas capables de faire preuve d'imagination pour créer des entreprises. Et surtout, il reconnaît que même les plus pauvres ont besoin de crédits, d'épargne, d'assurance pour faire face à leur quotidien (mariage, décès, maladie...).

Bien sûr, ça n'intéresse pas les banques de faire ce genre d'opération ou si elles y participent, c'est vraiment à la marge de leurs activités et essentiellement avec des objectifs marketing (cela dit, c'est toujours ça de pris !!).

La microfinance, comment ça marche ?

La microfinance tire l'essentiel de son succès de la méthode d'octroi des prêts, à savoir le prêt solidaire. Il s'agit de constituer des groupes de quelques individus où chacun est une caution solidaire des autres. Cela signifie que si l'un des membres ne rembourse pas, les autres devront le faire sans quoi aucun d'entre eux ne pourra plus prétendre à un prêt. Par exemple, dans le cas de la Grameen Bank, le groupe est toujours constitué de 5 individus et presque uniquement des femmes pauvres.
A chaque échéance, les montants prêtés augmentent. La durée des prêts est en générale très courte (< 1 an).
Les taux d'intérêt sont élevés (environ 3% par mois) mais restent inférieurs aux préteurs informels (les usuriers).
Les acteurs de la microfinance vont vers leurs clients, contrairement aux acteurs classiques de la finance.

Qui accorde des microcrédits, des microassurances ?

On les appelle les IMF (Institutions de microfinance). Il y en aurait environ 10000 dans le monde et seulement 150 seraient autosuffisantes.

Est-ce que ça marche la microfinance ?

D'après ce que j'ai pu lire, les impacts sont réels. Juste à titre d'exemple, le Guide de la microfinance explique qu'une étude réalisée sur 3 IMF au Bangladesh a montré que chaque année, 5% des clients passent au dessus du seuil de pauvreté. La microfinance permettrait aussi l'élévation du niveau d'instruction, une diminution de la malnutrition, plus d'autonomie des femmes...
Si aujourd'hui 92 millions de personnes ont accès aux services de la microfinance, on estime à 1 milliard le nombre de clients potentiels.
Cela dit, aucun système n'est parfait et malheureusement la microfinance n'y échappe pas. Par exemple, les plus pauvres parmi les pauvres restent exclus du système par le principe même de sélection des membres des groupes pour le crédit solidaire. Si on estime qu'une personne ne sera pas capable de respecter ses créances, alors on l'élimine sous peine d'être exclu soi-même et de ne pas pouvoir faire de nouveau prêt.

Voilà ce que raconte Muhammad Yunus à propos de la microfinance  et comment l'idée lui est venue (extrait d'une présentation sur la microfinance sur le sîte www.planetefinance.org) :

"J'ai vu comment les gens luttaient pour une maigre somme d'argent. Ils devaient emprunter aux usuriers et les usuriers tiraient toujours profit de la situation, imposant de forts taux d'intérêt, empêchant les emprunteurs de dégager tout bénéfice. Ainsi j'ai établi une liste des gens qui avaient besoin juste d'une petite somme d'argent. La liste complète contenait 42 noms. Le montant total d'argent dont ils avaient besoin était de 27€. J'étais choqué. Dans ce pays, on parlait de développement économique, d'investissement de milliards d'euros dans différents programmes et je pouvais voir que ce n'était pas de millions d'euros dont les gens avaient besoin réellement ici. Ils avaient besoin de très peu."

Il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet très intéressant. Ce n'est qu'une petite introduction.

Voici quelques pistes pour aller plus loin :






par Zig & Puce
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