Avec le pédibus, le ramassage scolaire se fait à pied
Article paru dans Le Monde du 04.09.07.
Dans plusieurs villes, pour partir à l'école, les enfants peuvent désormais attraper le pédibus. C'est le nom donné à un mode de ramassage scolaire qui s'effectue à pied.Le principe est élémentaire : des parents bénévoles, revêtus d'une veste jaune fluorescente, emmènent des enfants à l'école en suivant un parcours défini à l'avance. Le pédibus, parfois appelé "carapattes" ou "bus pédestre", parcourt la "ligne" en une dizaine de minutes à un horaire précis : si un enfant n'est pas là, les bénévoles poursuivent leur chemin. D'autres formules, baptisées "vélobus" ou "caracycles", utilisent des bicyclettes.
La plupart des grandes villes de France encouragent désormais ce mode de ramassage scolaire. Les menus frais que nécessite le service sont généralement acquittés par la collectivité, mais il arrive que certaines associations fassent participer les parents à hauteur de 2 ou 3 euros par an, afin de financer un contrat d'assurance.
Toutes les villes insistent sur les avantages de la formule en matière d'environnement comme de sécurité : les parents ne conduisent plus leurs enfants en voiture, ce qui limite les encombrements aux abords des écoles.
A Reims, les parents d'élèves du groupe scolaire Danube, situé à proximité du centre-ville, ont lancé la formule en septembre 2005. "Nous avons ensuite obtenu le soutien de la directrice de l'école et celui de la mairie, qui se sont révélés indispensables", note Thierry Wary, parent d'élève.
La motivation est essentielle
Trois lignes acheminent désormais, presque tous les matins, de 30 à 50 élèves vers l'école Danube. "Le départ de chaque ligne est situé près d'un parking, pour que les parents habitant à la périphérie puissent facilement y déposer leurs enfants", poursuit M. Wary. La complexité des horaires scolaires ne permet en revanche pas d'organiser le trajet retour.
Le pédibus ne rencontre pas le même succès partout, explique Bertrand Dumas, directeur de l'Atelier permanent d'initiation à l'environnement urbain (Apieu). Cette structure promeut, avec l'aide de la région Languedoc-Roussillon et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les déplacements doux dans la région montpelliéraine. "Le pédibus fonctionne bien dans les zones périurbaines et pavillonnaires où l'on peut se déplacer à pied", observe M. Dumas. En revanche, dans les quartiers où dominent les grandes avenues ou les tours, l'environnement urbain incite moins à la promenade, et les écoles se situent de toute façon au pied des immeubles.
"L'essentiel réside dans la motivation des parents, ajoute M. Dumas. Dans certains quartiers de Montpellier, où vivent surtout des chercheurs qui ne restent pas très longtemps dans la région, les gens se connaissent peu et cela ne fonctionne pas." Les établissements organisent régulièrement des événements festifs afin de mobiliser les familles.
La formule conduit parfois les collectivités à adapter la voirie. "Le pédibus a accéléré le marquage au sol sur une avenue dont la traversée est périlleuse", indique ainsi M. Wary, à Reims. Dans un quartier de Montpellier, des parents d'élèves ont établi un inventaire précis des obstacles rencontrés sur le chemin de l'école et comptent bien obtenir de la mairie une modification de l'aménagement urbain.
Olivier Razemon
- Article de wikipédia sur le sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dibus
- Les pédibus dans la communauté urbaine de Lyon : http://www.grandlyon.com/index.php?id=1274
- Pédibus dans l'Hérault (34) : http://millepattes34.free.fr
- Pédibus à Rennes
- Pédibus à Lille





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