Le lieu de rendez-vous est donc le parc de Bercy, à Paris dans le XIIème arrondissement.
On arrivera vers 12h30.
Peut-être à tout à l'heure.
Claire et Greg


Voici une lettre humoristique qui nous a beaucoup fait rire dernièrement. Elle illustre l'une des absurdités de notre politique agricole
commune à l'échelle européenne.
Lettre au commissaire européen de l'agriculture
" Mon ami Robert, habitant de bretagne, a reçu un chèque de 500 000 F de la part du gouvernement pour ne pas élever de cochons cette année. C'est pourquoi je pense rentrer dans le programme de non-élevage de cochons l'année prochaine.
Ce que j'aimerais savoir, c'est quelle est la meilleure ferme possible pour ne pas élever de cochons et quelle est la meilleure race de cochons à ne pas élever.
Le travail le plus dur dans ce programme semble alors de tenir un inventaire précis du nombre de cochons que l'on n'a pas élevés.Mon ami Robert est très confiant quant à l'avenir de son affaire. Il a élevé des cochons pendant plus de vingt ans, et le mieux qu'il ait pu gagner, c'est 200 000 F en 1978; jusqu'à cette année lorsqu'il reçut un chèque de 500 000 F pour ne pas élever de cochons.
Si je peux recevoir un chèque de 500 000 F pour ne pas élever cinquante cochons, alors est-ce que je recevrais un million pour ne pas élever 100 cochons ?
Je me propose de commencer petit pour aller ensuite jusqu'à ne pas élever 4000 cochons; ce qui signifie que je recevrai un chèque de 40 millions et je pourrai ainsi investir dans un yacht.Maintenant, une autre chose est que ces 4000 cochons ne mangeront pas les 100 000 seaux de maïs qui leur étaient destinés. Dois-je alors comprendre que vous allez payer les agriculteurs pour ne pas produire le maïs ?
En somme, est-ce que vous me donnerez quelque chose pour ne pas produire ces 100 000 seaux de maïs qui ne nourriront pas les 4000 cochons que je n'élèverai pas ?Je désire commencer le plus tôt possible, puisqu'il semble que cette période de l'année soit propice au non-élevage des cochons. "
(Lettre parue dans la revue Nature & Progrès, mai 2000)

Petit extrait d'un discours prononcé le 10 novembre 1848 par Victor Hugo devant l’Assemblée nationale, entendu dans un reportage et que nous aimerions
vous faire partager :
« Personne plus que moi, messieurs, n’est pénétré de la nécessité, de l’urgente nécessité d’alléger le budget.
J’ai déjà voté et continuerai de voter la plupart des réductions proposées, à l’exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources mêmes de la vie publique et de celles qui, à côté d’une amélioration financière douteuse, me présenteraient une faute politique certaine. C’est dans cette dernière catégorie que je range les réductions proposées par le comité des finances sur ce que j’appellerai le budget des lettres, des sciences et des arts.
Que penseriez-vous, messieurs, d’un particulier qui aurait 500 francs de revenus, qui consacrerait tous les ans à sa culture intellectuelle, pour les sciences, les lettres et les arts, une somme bien modeste : 5 francs, et qui, dans un jour de réforme, voudrait économiser sur son intelligence six sous ? Voilà, messieurs, la mesure exacte de l’économie proposée. Eh bien ! ce que vous ne conseillez pas à un particulier, au dernier des habitants d’un pays civilisé, on ose le conseiller à la France.
Je viens de vous montrer à quel point l’économie serait petite ; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand.
Ce système d’économie ébranle d’un seul coup tout net cet ensemble d’institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du développement de la pensée française.
Et quel moment choisit-on pour mettre en question toutes les institutions à la fois ? Le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir.
Eh ! Quel est, en effet, j’en appelle à vos consciences, j’en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L’ignorance.
L’ignorance encore plus que la misère. L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C’est à la faveur de l’ignorance que certaines doctrines fatales passent de l’esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes.
Et c’est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu’on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l’ignorance.
On pourvoit à l’éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire dans le monde moral et qu’il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?
Oui, messieurs, j’y insiste. Un mal moral, un mal profond nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral, cela est étrange à dire, n’est autre chose que l’excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? Par le développement des tendances intellectuelles ; il faut ôter au corps et donner à l’âme.
Quand je dis : il faut ôter au corps et donner à l’âme, ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c’est là selon moi, le grand, l’excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos veux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.
Eh bien, la grande erreur de notre temps, ça a été de pencher, je dis plus, de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel.
Il importe, messieurs, de remédier au mal ; il faut redresser pour ainsi dire l’esprit de l’homme ; il faut, et c’est la grande mission [ … ] relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là, et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent la paix de l’homme avec la société.
Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ?
Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies.
Il faudrait multiplier les maisons d’études où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd.
Ce résultat, vous l’aurez quand vous voudrez.
Quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l’avez déjà ; il ne s’agit pas de l’utiliser et de le diriger ; il ne s’agit que de bien cultiver le sol. L'époque où vous êtes est une époque riche et féconde ; ce ne sont pas les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents ni les grandes aptitudes ; ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l’encouragement enthousiaste d’un grand gouvernement.Je voterai contre toutes les réductions que je viens de vous signaler et qui amoindriraient l’éclat utile des lettres, des arts et des sciences.
Je ne dirai plus qu’un mot aux honorables auteurs du rapport.
Vous êtes tombés dans une méprise regrettable ; vous avez cru faire une économie d’argent, c’est une économie de gloire que vous faites.
Je la repousse pour la dignité de la France, je la repousse pour 1’honneur de la République. »
Comme quoi les choses n'ont pas beaucoup changé en 160 ans. Ah qu'il serait bon de faire relire ce discours à ceux qui nous gouvernent ! Vous ne trouvez pas ?

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