Cet article a été transféré sur notre nouveau blog :
http://leplancherdesvaches.net/2008/01/31/condamnation-de-kokopelli-biodiversite-la-fin-des-illusions/
Il y
a deux semaines, le gouvernement s'est appuyé sur les conclusions rendues par la Haute Autorité sur les OGM et a activé la clause de sauvegarde sur le Maïs MON810. On rappelle qu'officiellement,
ce MON810 est le seul OGM (Organisme Génétiquement Modifié) agroalimentaire autorisé à la culture en France.
C'est au salon Marjolaine que nous avons eu l'occasion de gouter les frites de potimarron... et on a adoré. C'est très simple à faire puisqu'il faut
procéder exactement comme pour des pommes de terre. Vous pouvez même laisser la peau (il faut bien nettoyer le potimarron, au besoin en le frottant avec une brosse).

L'UE va revoir sa législation sur les pesticides
LE MONDE | 22.10.07 | 15h58 •
BRUXELLES
Faut-il réduire les pesticides ou simplement encadrer leur usage ? Cette question divise les lobbyistes européens - défenseurs de l'environnement d'un côté, producteurs de pesticides et agriculteurs de l'autre - et les eurodéputés qui vont réviser une partie de la législation existante, en première lecture, mardi 23 octobre, à Strasbourg.La Commission, elle aussi partagée entre ces deux camps, propose seulement d'encadrer l'usage des pesticides.
Comme ça, on est sûr que surtout les choses ne changent pas trop et que l'on peut continuer à polluer tranquillement.
Elle constate que leur utilisation n'a pas diminué entre 1992 et 2002 - 315 000 tonnes, d'une valeur de 7 milliards d'euros, ont été disséminées dans l'environnement en 2002 ...
... et que 5 % des fruits et légumes vendus en Europe présentent encore des valeurs résiduelles en pesticides supérieures aux plafonds autorisés.
Elle estime qu'il est possible de limiter l'usage de ces produits chimiques au"strict nécessaire".
Mais elle part aussi du principe que les pesticides permettent de garantir la sécurité alimentaire européenne. Bruxelles ne veut pas priver les agriculteurs d'outils dont pourraient bénéficier leurs concurrents du tiers-monde, ce qu'apprécient les professionnels concernés, réunis au sein du Comité des organisations professionnelles agricoles (COPA) de l'Union européenne.
La Commission constate en outre qu'il est "impossible" de prouver l'existence d'un lien de causalité entre l'usage de pesticides et l'apparition de certaines maladies...
... un point sur lequel insiste l'Association européenne de la protection des plantes (ECPA), qui représente 80 % des producteurs de pesticides de l'Union européenne (BASF, Bayer, DuPont de Nemours, Monsanto...), soit 28 000 emplois et un chiffre d'affaires de 6,8 milliards d'euros en 2006.
Alors là le coup de l'Association européenne de protection des plantes, ça nous a bien fait rire. Que des vendeurs de
pesticides qui font des ravages dans la biodiversité se targuent d'être des protecteurs de plantes, c'est quand même grandiose ! Mais une fois de plus tout ceci crée beaucoup d'emplois donc il ne
faut surtout pas y toucher (L'argument "oui mais ça crée des emplois" est en effet très utilisé comme excuse pour ne rien faire au niveau social et environnemental : construire des 4x4 ça crée
des emplois, construire des A380 ça crée des emplois, vendre des armes ça crée des emplois...)
Dans le camp adverse, les ONG pro-environnement, réunies au sein du réseau Pan Europe, estiment que limiter l'exposition aux pesticides permettra de préserver la santé humaine et de protéger l'environnement. Au Parlement européen, elles sont entendues par la rapporteuse verte allemande Hiltrud Breyer, en charge d'un règlement relatif à la "mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques", mais pas par sa collègue Christa Klass (CDU), en charge d'une directive sur leur "utilisation durable".
PROTECTION DES RIVIÈRES
Ces protagonistes s'opposent sur la nécessité d'introduire ou pas des objectifs contraignants de réduction des pesticides. "Certains pays comme le Danemark ou la Suède l'ont fait, alors pourquoi pas l'Union européenne ?", demande François Veillerette, du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures. "On ne peut pas transposer le modèle danois à la Grèce ou à l'Espagne, qui n'ont pas les mêmes cultures !", répondent les services de Stavros Dimas, commissaire en charge de l'environnement. "En outre, si les fermiers doivent réduire leurs quantités, ils utiliseront des substances plus actives", ajoute la Commission.
De même, l'ECPA et le COPA s'opposent à l'introduction uniforme de "zones tampons" destinées à protéger les rivières : "Comment soignera-t-on le riz en Camargue, comment fera-t-on aux Pays-Bas où il y a des ruisseaux tous les dix mètres ?", demandent ces organisations.
Forcément on peut toujours trouver l'exemple de "LA" région où la mise en place de "zones tampons" est plus délicate à appliquer et du coup ne rien faire nulle part. Mais une
fois de plus, continuons à polluer gaiement, quand il n' aura plus d'eau potable, on verra bien.
Autre pierre d'achoppement : l'introduction du principe de reconnaissance mutuelle pour les pesticides, selon lequel l'autorisation de mise en vente dans un pays de l'UE vaudrait dans tous les autres. Industriels et agriculteurs y sont favorables, puisqu'il permettrait de créer un marché unique des pesticides, tandis que les environnementalistes opposent un principe de souveraineté nationale.
Dernière question, l'UE va-t-elle faire pour les pesticides ce que son règlement Reach a fait pour les produits chimiques ? Le commissaire Markos Kyprianou, en charge de la santé, suggère d'interdire les substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, et d'imposer le principe de la substitution, qui consiste à retirer un produit quand une substance plus sûre existe. L'ECPA fait valoir qu'elle perdrait alors 30 à 75 % de son marché.
C'est tout à fait rassurant de savoir qu'entre 30% et 75% du marché de l'EPCA est représenté par des substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la
reproduction. Mais surtout, une fois de plus, ne changeons rien, il vaut mieux que quelques milliers de personnes meurent (voir quelques centaines de
milliers de personnes vu les échelles de diffusion de ces produits) plutôt que de faire perdre de l'argent à de grosses
sociétés comme Bayer et Monsanto. On ne va quand même pas interdire des substances qui rapportent plein d'argent "juste" parce qu'elles sont cancérigènes, mutagènes et dangereuses pour la
reproduction, non ?
Bon histoire de conclure de façon complète, voici le lien vers un article qui fait le point sur ce à quoi ont aboutit les négociations de la commission : voir l'article
Il y a quelques avancées tout de même par rapport à l'article que nous venons de vous citer mais aussi quelques décisions un peu surprenantes
:
Les députés soutiennent la Commission européenne dans son intention d'imposer une interdiction des substances qui sont génotoxiques, carcinogènes, toxiques pour la reproduction ou comportant des effets perturbateurs du système endocrinien. Le Parlement a d'autre part limité davantage les quelques petites exceptions proposées par la Commission. À la liste des substances interdites ont été ajoutées les substances qui ont des effets endocriniens, neurotoxiques ou immunotoxiques, y compris des effets sur le développement humain.
[...]
Parlement a exprimé son soutien à l'idée de contraindre les Etats membres à mettre en place des plans d'action nationaux qui devront inclure des objectifs de réduction nationaux pour les substances particulièrement actives ou toxiques. Le Parlement évoque un objectif de réduction de 50% de l'utilisation ou des ventes d'ici 2013 mais celui-ci n’aurait rien d’obligatoire.
[...] En revanche, les députés n'ont pas retenu la proposition de la Commission d'interdire totalement les pulvérisations aériennes de pesticides et ont prévu des dérogations. Les députés demandent toutefois aux Etats membres d'introduire dans leurs plans d'actions des dispositions relatives à l'information des riverains avant pulvérisations.
[...] Les députés se sont aussi prononcés interdiction des pesticides dans toutes les zones utilisées par le grand public (parcs, cours d'école, zones résidentielles, terrains de sport, infrastructures de santé).
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